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24 Oct.

Tricot perso #6

tricot perso épisode 6

L'automne est bien installé et il est temps que je vous retrouve pour partager avec vous mes aventures de tricot perso de ces 3 derniers mois. J'avais évoqué la possibilité de transformer ce rendez-vous en format vidéo. Or, je crois que je ne me sens pas encore tout à fait en confiance pour me mettre seule à parler face à la caméra. Toutefois, c'est toujours avec autant de plaisir que je souhaite vous présenter les ouvrages tricot que je réalise sur mon temps libre.

Les projets terminés : 

Le gilet Vitamin D / Heidi Kirrmaier

Tricot perso gilet vitamin D
Tricoté dans le fil Rosários 4 Alfama coloris 21 (rose). J'ai volontairement fait le choix d'opter pour le lin afin de me tricoter un gilet estival. Le résultat est tout à fait à la hauteur de mes espérances. J'obtiens un vêtement très fluide, avec un joli drapé et surtout très frais pour l'été.
Je l'ai tricoté en aiguille 3,5 mm pour obtenir un tissu aérien. Ce fil de lin est pour moi très agréable à tricoter car plutôt souple pour une telle fibre. Il s'assouplit encore plus au fur et à mesure qu'il vit sur soi. (très bon choix par ailleurs pour tricoter en pleine canicule estivale ;-)
Ce modèle est un grand classique de Ravelry et de la communauté tricot. Je suis contente de lui donner une petite touche originale en le tricotant dans un fil végétal.
Il s'agit d'un gilet à pans qui se tricote en top-down (de haut en bas) avec une encolure à augmentations radiales constituée de jours, obtenus par un système de jetés. Ensuite, des rangs raccourcis permettent de créer les deux pans en pointe du devant. C'est donc un gilet qui ne se ferme pas.
C'est un modèle en jersey très simple à réaliser qui permet de bien appréhender la technique des rangs raccourcis. Je le recommande pour des bons débutants car les explications sont clairement rédigées. Seul petit changement que j'ai effectué : j'ai tricoté le corps avant les manches.
Bref, le gilet vitamin D est un classique à avoir dans sa garde-robe et pourquoi pas dans un fil végétal ...

Le châle Géraldine

tricot perso châle Géraldine
Ce châle est tricoté en fil mérinos fingering Féline du Chat qui Tricotecoloris Cabaret et Nocturne. C'est un projet un peu particulier car il s'agit d'une création personnelle pour un cadeau que je fais à ma sœur à l'occasion de son 40e anniversaire.
J'avais très envie de lui créer un châle rien que pour elle, avec un design exclusif. Cela m'a également permis de réaliser un modèle sans le stress de devoir rédiger ensuite le patron. Ainsi, ce tricot a bien sa place dans la rubrique tricot loisir ;-)
Il s'agit d'un châle triangulaire symétrique en top-down avec un montage en garter-tab, tricoté en aiguille 3,5. Il alterne des sections de point mousse, point de riz double et de dentelle en épis de blé. Il se termine par une bande de côte 3/1.
J'ai pris beaucoup de plaisir à le tricoter, d'une part car il s'agit d'un projet très affectif et d'autre part parce que je trouve les teintures de Camille absolument magnifiques.

Les projets en cours : 

La marinière moderne / Tricot Design MCL

tricot perso marinière moderne
Déçue d'avoir renoncé à tricoter le modèle Wrought Iron par Anna Johanna avec mes très précieuses pelotes Allure de La Bien Aimée, je suis heureuse d'avoir trouvé un autre modèle de pull pour mettre en valeur ce très beau fil, coloris Undergrowth et Parchment.
Je tricote ce pull en aiguille 3 mm car le fil est très fin. Le modèle est construit en top-down (de haut en bas). Il commence par une encolure en raglans. Un joli point texturé en semis sur le coloris principal vient donner un bel effet de matière au vêtement.
Malgré, la petite taille des aiguilles, je prends beaucoup de plaisir à tricoter ce projet, à la fois parce que les instructions sont simples et claires et aussi parce que le fil que j'ai entre les doigts est d'une extrême douceur.
Certes, le projet n'avance pas très vite mais cela ne fera que renforcer mon plaisir de le porter.

Le gilet Black Barlow / Marie Amelie Designs

tricot perso gilet black barlow
J'ai craqué pour ce modèle de gilet en col V que propose Marie-Amélie. Je comptais depuis un moment me tricoter un gilet classique noir en col V, indispensable de ma garde-robe. Je suis donc ravie de tricoter ce modèle.
La créatrice propose de tricoter ce modèle avec deux fils, dont un en mohair. Ce qui donne un effet très aérien au vêtement. Pour ma part, je souhaitais donner un effet plus structuré à mon projet et c'est pourquoi j'ai opté pour tricoter deux fils noirs dans une matière plus sèche : Bio Balance de BC GARN et Coast de HolstGarn, tricotés ensemble. Il s'agit de deux qualités en light fingering mélangeant le coton et la laine.
Je réalise mon projet en taille 85, tricoté en aiguilles 3,5 mm afin d'obtenir le même échantillon.
Pour le moment je suis très contente du résultat qui met bien en valeur la partie ajouré du devant du gilet. Le gilet est construit avec des épaules tombantes. On commence par tricoter le dos en jersey tout en utilisant des rangs raccourcis pour former la pente des épaules puis on relève les deux devants. L’encolure en V est simplement construite à l'aide d'augmentations régulières sur chaque demi-devant en points ajourés.
Ce modèle convient tout à fait à des bons débutants car les explications sont précises et très clairement rédigées.

Les chaussettes Abisko / Linda Dubec

tricot perso chaussettes Abisko
Projet à demi terminé, il s'agit de mon tricot nomade que je réalise essentiellement lors de mes trajets en train. Elles avancent donc à petite vitesse. Je les tricote en aiguilles 2 mm dans le fil à chaussette Mondim de Retrosaria coloris 207.
C'est un très joli coloris qui forme de toutes fines rayures au fur et à mesure de la progression du tricot. Le modèle est issu du très beau livre Woods de Making Stories. Il est caractérisé par un joli motif fantaisie qui court du dessus du pied jusqu'en haut de la tige. Le reste de la chaussette est tricotée en jersey.
La patron propose de commencer comme on le souhaite, c'est à dire par les orteils ou la tige. Trois options de talons sont également proposées. J'ai opté pour un montage par les orteils avec un talon en rangs raccourcis à l'Allemande.
Après avoir essayé ma première chaussette, je pense que j'aurais dû la tricoter en aiguilles 2,5. Malgré mon échantillon (tricoté en rond) correspondant, la laine étant assez peu élastique, mon pied a du mal à enfiler la chaussette. Ce n'est pas très grave car je suis bien contente du rendu et la laine est très chaude.

Et voici pour mes tricots perso été-automne 2018. Je vous donne rendez-vous en janvier pour un nouvel épisode !

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20 Avr.

Exposition INterfaces

exposition Interfaces

©PictYourCompany

 

Il y a tout juste un an, mon ami artiste-peintre Roch me demandait de rejoindre son projet d’exposition collaborative dans un lieu patrimonial de Chambéry.
Il tenait à ce que j’expose mon travail en tant que jeune designer tricot.
Je me suis alors tout de suite posée la question de ma légitimité à exposer mes modèles au milieu des œuvres d’artistes plasticiens.
Est-ce vraiment ma place ? Comment le tricot va-t-il être perçu parmi des œuvres d’art contemporaines ? Mon travail ne va-t-il pas être mal jugé ?
Or, Roch a su, à force d’arguments me convaincre que mon travail était selon ses mots « un art à part entière et que mes créations avaient totalement changé son regard sur le tricot ». Il tenait d’ailleurs particulièrement à reprendre le terme d’« arts de la maille ».
C’est alors avec un grand plaisir que j’accepte d’exposer mes prototypes de design de tricot lors de l’exposition/événement INterfaces du 27 avril au 5 mai à la Chapelle Vaugelas de Chambéry (73).

Le fait d'exposer dans une scénographie particulière mes modèles tricotés est l’occasion pour moi de mettre en avant le tricot comme un métier d’art à part entière.

Ce n’est pas facile d’expliquer à mon entourage que j’ai construit un projet entrepreneurial autour des arts de la maille. Très vite, certains préjugés sur le tricot reviennent. Le tricot est perçu avant tout comme une activité domestique de loisirs créatifs. Comment pourrais-je donc vivre de ce travail ?
Même au sein des personnes du troisième âge, les préjugés sont forts. J’ai entendu il n’y a pas si longtemps lors d’un tricothé : « Mais on ne peut pas faire du tricot son métier ! Personne n’acceptera de payer si cher pour avoir un tricot fait-main ! » ou alors « Le tricot ce n’est pas un métier, c’est juste du tricot… »
Petit à petit, au fil des discussions, je convaincs peu à peu les tricoteur.ses et les autres que c’est un art qui a bien évolué et que surtout une jeune génération s’y intéresse beaucoup. Que ces jeunes tricoteur.ses recherchent des modèles à tricoter modernes et aux techniques nouvelles auprès de créateurs indépendants.
Longtemps le tricot en France a été une pratique féminine et domestique. Contrairement à d’autres arts du fil, le tricot ne sortait pas de la maison. Et c’est surtout pour cette raison que le tricot est resté l’apanage des femmes au foyer. Par ailleurs, les matières utilisées étaient souvent mal appréciées : laine qui pique, acrylique rêche. Le modèle tricoté à la main était rarement associé à la mode chic et moderne.

Tout ceci a bien changé depuis le début des années 2000, notamment sous l’influence des designers indépendants des USA et du nord de l’Europe. Les créateurs ont adapté les techniques de tricot. Ils ont inventé des designs modernes et surtout réhabilité les fils à tricoter naturels haut-de-gamme (cf post "Les fils à tricoter") L’engouement pour la pratique du tricot est de plus en plus important.
En réalité, les nouveaux designers tricot n’ont pas inventé l’eau chaude. Ils se sont simplement réapproprié un patrimoine culturel des techniques de tricot au service de formes plus contemporaines. Le patrimoine mondial des arts de la maille est extrêmement riche. Il suffit de feuilleter les dictionnaires et encyclopédies des points de tricot du monde entier pour se rendre compte de tout ce savoir-faire qui a traversé les époques. Je serais alors très fière de pouvoir contribuer à mettre en valeur ce patrimoine culturel et d’utiliser toutes ces techniques pour réaliser des modèles au tricot chics et élégants et qui valorisent les arts de la maille.

Contrairement à d’autres métiers de la mode comme la couture, la broderie, la dentelle, le tissage… le tricot n’est pas reconnu comme métiers d’art par l’Institut National des Métiers d’Arts. Cela serait un beau pari de contribuer à le faire intégrer à la liste des métiers d’art, mais pour cela il demeure encore beaucoup de travail et de questions à résoudre, comme notamment celle de la formation professionnelle…

Définition Métiers d'Arts

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27 Jan.

Tricot à la continentale

 

Le tricot à la continentale

Mais comment tricotes-tu? Tu tricotes à l'envers? Oh! mais c'est étrange cette façon de tricoter! Voici les questions qu'on me pose depuis que je me suis remise au tricot. Très surprise au départ et maintenant fière de pouvoir y répondre et expliquer ce que m'ont légué ma mère et ma grand-mère.

Ce n'est vraiment que lorsque j'ai commencé à partager les séances tricot avec mes amies ou autres congénères que j'ai découvert la particularité de ma façon de tricoter. En réalité rien de bien original.
Je tricote avec le fil sur l'index gauche (alors que je suis droitière)... pas de quoi en faire un billet me diriez-vous ;-)

Pour les tricoteu(r)ses expertes, je tricote à la continentale - ou à la suisse ou à l'allemande - Voici une petite vidéo de stipaetalpaga qui montre le geste.
J'ai donc découvert petit à petit qu'il y avait plusieurs techniques ou méthodes de tricot en fonction des pays d'origine des tricoteu(r)ses. En effet, certains tricotent à l'anglaise, à la française ou encore à la portugaise.
Sans compter le nombre de variantes pour tenir les aiguilles!

Pour illustrer la technique de tricot à la continentale, appelée aussi à l'allemande, une petite photo de la chancelière Angela Merkel en pleine séance, remarquez que le fil est bien sur l'index gauche ;-)

AngelaMerkel

Pour ma part, c'est ma mère qui m'a appris à tricoter de cette manière. elle-même ayant appris avec sa propre mère, ma babi (babishka en tchèque). C'est donc sûrement mes origines d'Europe centrale qui ont déterminé ma technique de tricot.
J'en suis très fière et heureuse de pouvoir en parler dès qu'on me fait la remarque sur ma manière de tenir les aiguilles. Ce sont dans ces moments que je suis convaincue de la force culturelle du tricot et de son pouvoir de créer du lien.

Maintenant il me paraît difficile d'imaginer tricoter autrement, parce que cette technique est trop inscrite dans mes habitudes et aussi parce que c'est une méthode très économe en gestes, ce qui permet de tricoter très vite. Enfin, je pense que c'est surtout par fierté de mon héritage familial ;-)

Aujourd’hui il m'arrive de transmettre à mon tour cette technique à mes amies tricoteu(r)ses. Ravie de pouvoir le faire et très admirative de les voir adopter de nouveaux gestes (pas toujours évident au début).

©SandrinePerez

©SandrinePerez

Et vous! si vous me racontiez votre façon de tenir les aiguilles... ou le crochet, bien sûr!

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