13 Fév.

Bien choisir son matériel : les fils à tricoter

©PictYourCompany

 

Après avoir fait le point sur les bons outils de la tricoteuse, je vous propose cette fois-ci de vous guider dans le choix de la laine. Plus généralement, je vais vous présenter les différents fils à tricoter et comment s’y prendre pour bien les choisir.
Voici donc quelques informations précieuses pour se repérer au milieu de toutes ces pelotes et écheveaux.

Les fils à tricoter synthétiques :
La plupart des marques industrielles proposent des fils à tricoter dans des matières synthétiques. Il s’agit de fibres très utilisés dans le textile et fabriquées à partir de molécules dérivées des produits pétroliers.

Faisons le point pour comprendre la différence entre les différentes compositions :
L’acrylique : La fibre acrylique est produite par la polymérisation de la molécule d’acrylonitrile.
Les avantages de cette fibre sont sa douceur, sa facilité d’entretien (les tricots en acrylique peuvent être lavés en machine) et son faible coût. Son principal inconvénient est lié à sa nature chimique très polluante.
Le nylon ou le polyamide : Le polyamide est une fibre synthétique issue de la pétrochimie, à l'aide d'un procédé appelé filature au fondu. Le polyamide offre de nombreuses propriétés, notamment une forte résistance à la traction, à l'abrasion et aux produits chimiques, sans oublier de bonnes propriétés de fixation de la couleur. C’est souvent pour ces raisons que le polyamide ou le nylon entrent dans la composition des fils à tricoter des chaussettes. Tout comme la fibre acrylique, le polyamide présente les mêmes caractéristiques très polluantes pour l’environnement, notamment à cause du rejet des microfibres via les eaux usées des machines à laver.
Le polyester : Il s’agit également d’une fibre synthétique dérivée de la pétrochimie. C'est la fibre synthétique la plus produite dans le monde, dont les plus connues sont le Tergal et le Dacron. Les avantages de la fibre polyester sont sa très bonne élasticité et ses qualités infroissables. Il a l’avantage de ne pratiquement pas absorber l’eau. Tout comme le polyamide, il est également très résistant. Inutile de préciser que cette fibre est également très polluante.
Lurex : Le Lurex est un fil textile recouvert de polyester et reconnaissable à son aspect métallique. Sa caractéristique principale réside dans le fait d’apporter un effet brillant au textile. Vous pouvez également de retrouver dans la composition des fils à tricoter sous le nom de Stellina.

Bien que facile d’entretien, les fibres synthétiques présentent l’inconvénient majeur de pollution de l’environnement via les eaux usées de machine à laver. En outre, ils présentent peu de qualités thermiques. Les tricots réalisés en fils synthétiques sont donc bien moins chauds que ceux réalisés en laine naturelle animale. Leur avantage réside surtout dans leur faible coût.


Les fils à tricoter naturels :
Ces fils à tricoter sont réalisés à partir de fibres naturelles filées. Elles peuvent être d’origine animale ou végétale.
Les différents fils à tricoter en fibre naturelle animale :

fils à tricoter fibres naturelles animales
La laine de mouton (brebis, agneau) : il s’agit des fibres provenant de la toison des moutons. La structure de la laine lui confère une bonne élasticité, une très grande souplesse, d’importants pouvoirs thermiques et absorbants, une relative infroissabilité et une grande facilité de teinture. La laine est adiathermique : elle permet au corps de conserver une température constante en l’isolant des variations climatiques extérieures. La laine favorise la respiration de la peau et l’évacuation de la perspiration du corps sous forme de vapeur d’eau.
La laine de mouton souffre d’une mauvaise réputation : Ça pique ! Or, cela dépend de la provenance des races de moutons. La laine issue du Mérinos est par exemple une laine très douce.
Certaines fibres sont certes plus sèches que d’autres et donnent ainsi un aspect plus rustique.
La race et la provenance des moutons peuvent également donner leur nom au fils à tricoter, comme par exemple le mérinos, mérinos d’Arles, le BFL (Blue Faced Leicester), Shetland, Dorset …
La laine d’alpaga (lama) : c’est une fibre haut de gamme, plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que la laine de mouton. Le fil à tricoter en fibre d’alpaga est légèrement duveteux, ce qui créé un petit halo sur l’étoffe tricotée.
La fibre de bébé alpaga est extrêmement douce et convient encore mieux aux peaux sensibles.
Nous pouvons nous réjouir de l’élevage artisanal de troupeaux en France, ce qui nous permet d’avoir une offre de fil à tricoter made in France.
Les laines de chèvres (angora et cachemire) :
La fibre obtenue à partir des chèvres angora est le Mohair. Le mohair est une fibre vivante sensible aux différences de températures. Ce pouvoir adiathermique fait qu'il se gonfle d'air dès qu'il fait froid. Inversement, s'il fait chaud, le Mohair, grâce à sa bonne perméabilité à la vapeur d'eau, évacue l'humidité en surface. La laine Mohair est classée en différentes catégories selon la finesse : le Kid-Mohair ou Mohair de chevreaux, Mohair des jeunes, Mohair des adultes. Souvent, le fil à tricoté composé de mohair est associé à la soie, que l’on nomme Kid-Silk.
La France produit une offre très intéressante de fils à tricoter en mohair grâce à ces élevages artisanaux. Je vous conseille donc de vous tourner auprès de l’Association Mohairs des fermes de France pour vous procurer cette fibre extrêmement douce.
Les chèvres cachemire sont originaires de l'Himalaya. Le cachemire est le sous-poil de la toison de la chèvre (ou du bouc), défini par sa finesse, sa douceur et ses qualités thermiques très performantes. Traditionnellement, on peigne les chèvres pour récupérer leur cachemire, mais de nos jours la transformation de la fibre étant quasiment toujours industrielle, on les tond, puis on sépare le cachemire du poil grâce à une machine. La grande majorité de la production de fibre de cachemire provient de Chine.
La fibre de lapin Angora : Le poil du lapin angora est extrêmement doux. Il est un des plus isolants, jusqu’à neuf fois plus chaud qu’une laine de mouton. Enfin, c’est l’un des plus résistants. Dans les bons élevages, là où les poils sont dépilés, les fibres dépassent les dix centimètres, assurant donc la solidité de la laine angora. Enfin, la laine angora permet une excellente absorption de l’humidité.
Il est récolté soit par tonte, comme en Allemagne, ou par épilation au peigne, comme en France, ou encore par arrachage de la toison entraînant la mort de l'animal, comme cela peut se pratiquer en Chine et en Asie. C’est pourquoi je vous conseille très fortement de veiller à l’origine de l’angora que vous utilisez dans vos tricots. Je vous conseille notamment de vous tourner vers la fibre d'angora Caregora, produite dans des élevages sélectionnés pour leur respect strict du bien-être animal, répondant à des critères de certifications Européens.
La laine de yak : La laine de Yack possède des qualités similaires au cachemire. Douceur au toucher et chaleur constituent ses principales qualités, c'est une fibre rare qui ne peut être produite à grande échelle. La laine de yack est étrillée à la fin du printemps lorsque l'animal perd naturellement ses poils. C'est une récolte artisanale. La laine de yack est souvent tissée avec d'autres fibres comme la soie ou la laine d'agneau.
La soie est une fibre protéique naturelle d'origine animale. Les tissus de soie sont principalement issus du cocon produit par la chenille (ver à soie) du bombyx du mûrier pour la soie de culture, et du ver à soie Tussah pour la soie sauvage. Les avantages de la soie sont sa bonne élasticité naturelle, sa solidité et sa très bonne capacité à absorber les colorants. Elle laisse respirer la peau durant les grosses chaleurs et permet de réchauffer pendant l’hiver. Elle offre un rendu brillant au tissu tricoté et souvent un très joli drapé. Elle peut être tricotée dans un fil pur soie mais est souvent mélangée à d’autres fibres naturelles animales (mérinos, alpaga, mohair…)

L’inconvénient principal des laines naturelles animales réside dans leur entretien. Elles ne peuvent être lavées en machine au risque de feutrer sous l’effet de changement brutal de température et des mouvements du tambour. Il existe toutefois, un procédé qui permet de rendre ces fibres naturelles lavables en machines à basse température. Il s’agit du traitement Superwash (SW). Ce traitement Superwash est très riche en produits chimiques et en utilisation d'eau. Il faut donc être conscient de l’impact de ce procédé sur l’environnement. Peut-on même continuer à parler de fibres naturelles dans ce cas ?

Les fibres végétales naturelles présentent quant à elles deux avantages principaux :
Réaliser des ouvrages pour toutes les saisons, même l’été,
Permettre aux personnes Vegan de tricoter naturel.

écheveaux de laine

©AurélieFollain


Le coton : Il s’agit de la fibre végétale naturelle la plus consommée et la plus controversée. Très difficile de se procurer un fil de coton à tricoter issu d’une agriculture garantissant le respect des hommes et de l’environnement. Je peux donc vous conseiller de vous tourner vers les fils de coton à tricoter issus de l’agriculture biologique et labellisé GOTS (Global Organic Textile Standard).
Les principales caractéristiques de la fibre de coton sont le fort pouvoir absorbant et isolant, ainsi que sa forte résistance aux lavages à hautes températures. Il permet de créer des tricots doux et agréables pour la belle saison. Attention, les vêtements tricotés en coton peuvent se révéler chaud et lourds.
Le lin : Le lin présente comme premier avantage ses conditions de culture, protectrices de l’environnement (très peu d'engrais, économe en eau). Le lin est incroyablement solide grâce à la longueur et à la structure des fibres. Le contact du lin est rafraîchissant. Comme le coton, il a un fort pouvoir absorbant. Son plus grand inconvénient vient du fait qu’il se froisse très facilement.
A tricoter, il peut paraître un peu rêche au premier contact mais s’assouplit au fil du tricot, ainsi qu’au lavage et au blocage. Autre atout du lin, c’est qu’il est léger et permet de tricoter des ouvrages bien moins lourds qu’en coton.
Le bambou : La fibre de bambou est reconnue pour sa douceur et son confort. Bien qu'elle absorbe plus d'eau que le coton, elle sèche également très vite. C’est une fibre très résistante qui peut remplacer par exemple le nylon pour tricoter des chaussettes. Le résultat de l’étoffe tricotée est très soyeux. Toutefois, le fil est très glissant et assez lourd. Je vous conseille donc de privilégier un fil de bambou fin ou mélangé à d’autres fibres.
Le soja : La fibre de soja est une fibre artificielle régénérée à partir des protéines contenues dans les graines de soja. Les principales caractéristiques de la fibre de soja sont sa douceur et son confort. Cette fibre est particulièrement stable au lavage et présente une bonne tenue à la lumière et à la sueur. Elle est aussi brillante que la soie et convient particulièrement aux peaux sensibles.
Le chanvre : Un des plus gros avantages du chanvre est qu’il s’assouplit et s’adoucit de plus en plus, au fur et à mesure qu’on le porte et qu’on le lave, sans parler de ses propriétés thermorégulatrices qui font qu’on peut en porter été comme hiver. Il est également possible de trouver du fil à tricoter en chanvre biologique certifiée GOTS.
Le Tencel (ou Lyocell) est une fibre naturelle extraite de la pulpe du bois d’eucalyptus. Son toucher et son aspect rappellent la soie. La fibre de Tencel est une fibre végétale réputée pour son infroissabilité et sa facilité d'entretien. En effet, elle peut être lavée jusqu'à 60°C sans subir de rétrécissement excessif. Par ailleurs, cette fibre est très confortable et absorbe rapidement l'humidité pour la renvoyer vers l'extérieur.

De manière générale, le principal inconvénient des fibres naturelles végétales sont leur peu d’élasticité. Il faut donc veiller à bien réaliser un échantillon avant de tricoter pour ne pas avoir de mauvaise surprise, le tricot ne bougera pas au moment du blocage ! Toutefois, cet inconvénient est compensé par un avantage de taille : leur facilité d’entretien. Il est possible de laver nos tricots en fibres végétales en machine !


Les différentes épaisseurs de fil :
Choisir son fil à tricoter en fonction de sa composition est essentiel pour réussir son ouvrage. Toutefois, il y a un autre élément primordial à respecter lorsqu’on choisit sa « laine », c’est de respecter l’épaisseur du fil recommandé par le patron.
Pour vous aider, voici un tableau récapitulatif de classement des fils à tricoter en fonction de leur épaisseur :

Dénomination

Longueur pour 100 gr

Echantillon 10 cm

Nombre de brins (ply)

Aiguilles recommandées

Lace (dentelle)

800 mètres

déjaugé

2

déjaugé

Light Fingering (très fin)

600 mètres

32 mailles

3

3 - 3,25 mm

Fingering (fin)

400 mètres

27-29 maillles

4

2,5 - 4 mm

Sport (fin)

300 mètres

23 -26 mailles

5

3,5 - 4 mm

DK (Double knitting) (moyen)

200 mètres

21 - 24 mailles

8

4 - 4,5 mm

Worsted (moyen)

180 mètres

18 - 20 mailles

10

4,5 - 5 mm

Aran (moyen)

180 mètres

16 - 18 mailles

10

5 - 6 mm

Bulky ou Chunky (épais)

100 mètres

12 - 15 mailles

12

7 - 10 mm

Super Bulky (gros)

45 mètres

11 - 17 mailles

 

10 – 15 mm

 

ATTENTION : si le fil à tricoter est conditionné en pelote de 50 gr, veillez à faire la conversion pour 100 gr


Bien lire les étiquettes (bagues) :
La bague qui entoure la pelote ou l’écheveau de fil à tricoter est riche d’informations : noms de la marque et de la gamme, composition, origine de fabrication, informations relatives à l’épaisseur de la laine, coloris et numéro de bain de teinture, métrage, labels.
Voici un exemple pour vous aider à bien décrypter cette étiquette et faire son choix en conscience.

détail bague étiquette pelote


J’espère que ces informations principales concernant les fils à tricoter vous aideront dans le choix de vos laines. N’hésitez pas à partager les fils que vous préférez tricoter !

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